Le quartier de Saint-Germain des Prés
est aujourd’hui caractérisé par ses cafés,
sa vie culturelle, ses antiquaires mais un passé très différent
est toujours présent à travers les très nombreux
monuments historiques et … le nom de certaines rues, rappelant l’époque
où ce quartier situé juste en dehors de l’enceinte
de Philippe Auguste était en grande partie la possession de différents
ordres religieux et où l’activité agricole et artisanale
prédominait :
C’est
le cas par exemple du nom de la rue dans laquelle est situé l’hôtel
: garancière tire en effet son nom de la garance, plante dont
les racines sont très utilisées depuis l’Antiquité
pour teindre en rouge les tissus ( comme par exemple l’étaient
les pantalons des « Zouaves » de l’armée française
) et cette rue qui existait déjà en 1540 était
l’emplacement de teinturiers, qui bénéficiaient
alors de l’eau d’une petite rivière qui coulait également
à cet emplacement et qui s’appelait … la Garance
. La rivière a été couverte depuis bien longtemps
et les teinturiers ont laissé la place aux grands couturiers
L’église
Saint-Germain des Prés est un vestige de l’abbaye de
Saint-Germain des Prés, alors un des principaux lieux de l’ordre
des Bénédictins, et qui possédait une immense propriété
à l’emplacement actuel du Faubourg Saint-Germain. L’église
elle-même est une des plus anciennes de Paris, un premier monastère
ayant été établi à cet emplacement en 542
pour recevoir les reliques du Roi de France Childebert, fils de Clovis.
Ce premier bâtiment fut ravagé à quatre reprises
par les Normands et le cœur du bâtiment actuel a été
construit entre 990 et 1021, plusieurs extensions ayant été
faîtes par la suite.
L’église
Saint-Sulpice a également été fondée
par la très puissante abbaye de Saint-Germain des Prés,
à l’origine pour les paysans travaillant sur ses terres.
Le bâtiment actuel commencé en 1646 est un des bâtiments
les plus imposants et les plus curieux de Paris : sa très longue
construction ( 134 ans ), la succession d’architectes ( six au
total ) aux expressions très différentes modifiant sans
arrêt les plans précédemment choisis, le fait que
la façade fut construite en dernier près de cent ans après
le début des travaux, l’importance des moyens mis en œuvre
pour la décoration intérieure ( avec Delacroix ), tout
contribue à en faire un bâtiment curieux, hybride, inclassable.
Ses deux grandes tours sont dissymétriques, l’une est plus
petite que l’autre et celle de droite n’a jamais été
finie.
La construction
entre 1615 et 1625 du Palais du Luxembourg par la Reine de France
Marie de Médicis marque une nouvelle ère pour ce quartier
avec le développement des résidences pour l’aristocratie
: c’est l’assassinat de son mari Henri IV en 1610 qui décida
la Reine à abandonner le Louvre et à construire un Palais
qui devait lui rappeler son enfance à Florence ; le Palais du
Luxembourg dans son architecture d’origine a ainsi beaucoup emprunté
au Palais Pitti. La propriété déjà très
étendue fut encore agrandie en 1790 lorsque, pendant la Révolution
Française, lui furent rattachés les jardins du Monastère
des Cartusiens qui avaient depuis la fin XIIIème siècle
une pépinière et un potager qui étaient considérés
comme les plus remarquables de Paris. Le Palais est aujourd’hui
le siège du Sénat, à qui appartiennent également
les jardins qui constituent le plus grand espace vert de la rive gauche.
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